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Musée de la Romanité

France - Nîmes 2012 › 2018
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©Serge Urvoy
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Inauguré le 2 juin 2018, le Musée de la Romanité établit un dialogue architectural fort entre deux bâtiments séparés par deux mille ans d’Histoire. Face aux Arènes nîmoises, le Musée prend place en bordure de l’Écusson, dans le cœur historique de la ville. Traversé par les vestiges du rempart romain, il s’installe sur l’épine dorsale du site, autrefois limite entre la ville médiévale et la ville moderne. Sur ces vestiges se superposent vingt siècles de strates urbaines et autant de morceaux d’architecture représentatifs. C’est là le patrimoine exceptionnel de la ville de Nîmes. Comme soulevé au milieu des témoins du passé, le Musée est conçu comme la porte d’un parcours urbain : par un dispositif de percées urbaines et une mise en scène des perspectives, les trésors du patrimoine romain et celui plus moderne de l’architecture bâtie qui l’environne sont valorisés. Les axes et liens créés entre les rues et les places attenantes au site offrent une grande perméabilité urbaine et de nouveaux parcours à travers la ville.

Le dialogue établi s’exprime à travers un jeu d’opposition et de complémentarité : deux géométries, deux matériaux, deux modénatures se répondent. Face à la masse de pierre et au dessin magnifique des arcs verticaux que Rome a légués, le bâti rayonne en une présence claire, lumineuse, une architecture contemporaine fluide et diaphane dont les drapés horizontaux semblent en lévitation sur le site et sur le jardin archéologique. Avec le Palais de Justice qui lui fait face, c’est une nouvelle vision de la place du parvis et de la courbe des Arènes que le bâtiment du Musée cadre : sa légèreté, face à la massivité classique, crée un dialogue de façon respectueuse et exceptionnelle.

Depuis la rue de la République, le musée laisse apparaître les Arènes à travers son rez-de-chaussée transparent : il annonce le spectacle, attire et surprend. Composé de 7 000 lames de verre translucide, le drapé souple de la façade conjugue la transparence moderne et la tradition d’un art majeur romain : la mosaïque. Elle évoque ainsi un élément central des collections du musée. Les reflets et les ondulations de cette mosaïque de verre évoluent selon les différents moments de la journée. Œuvre dans l’œuvre, la façade est animée par des reflets cinétiques, avec des variations subtiles en fonction de l’angle, des inclinaisons, des creux et bombés, qui accentuent son mouvement et la métamorphosent sans cesse au fil des heures et des saisons, créant un dialogue avec la ville en reflétant les couleurs, la lumière et la vie environnante.

Le bâtiment et le parcours muséographique s’organisent autour d’une rue intérieure qui s’inscrit sur les traces de l’ancien rempart d’Auguste, premier empereur romain. Accessible à tous, ce passage public crée une ouverture visuelle et relie le parvis des Arènes au jardin archéologique. En son centre, un atrium de 17 m de haut révèle un fragment du propylée du Sanctuaire de la Fontaine, dans une reconstitution spectaculaire de ce lieu sacré datant de la fondation de la cité pré-romaine. Cette restitution publique inédite invite à la découverte de l’ensemble des collections et des contenus du musée.

Le parcours ascensionnel à travers les collections s’achève sur le toit-terrasse, belvédère sur Nîmes et sur ses 21 siècles d’Histoire, avec en premier plan les Arènes et au loin la Tour Magne, vestige de l’antique enceinte augustéenne. Espace public accessible à tous, lieu de rencontre, cette place haute fait pénétrer l’espace urbain dans le musée.

Concours, projet lauréat

Programme

Urbanisation de l’îlot Grill. Construction du Musée de la Romanité, du jardin archéologique et d’un centre de congrès. Muséographie.

Maîtrise d’ouvrage

Ville de Nîmes

Architecte

Elizabeth de Portzamparc

Surface

9 100 m² (SDP)